GALERIE VIRGINIE LOUVET

A l’occasion du Mois de la Photo, la Galerie Virginie Louvet, nouvelle galerie d’art
contemporain qui vient d’ouvrir dans le Marais, a le plaisir d’exposer le travail de la
photographe franco-brésilienne Julia Kater.

Passionnée par le cinéma européen, en particulier par les films d’Ingmar Bergman,
Michelangelo Antonioni, et plus récemment Theo Angelopoulos, Julia Kater offre un travail
photographique singulier qui s’en inspire.

Julia Kater s’intéresse à la façon dont ces réalisateurs abordent à travers leurs films les
problématiques du silence, du vide, de la mort et des relations humaines, qu’elle s’efforce à
son tour de communiquer dans ses photographies.

Ses polytiques sont à ses yeux comme des actions filmographiques, et les titres de ses
expositions sont souvent inspirés de dialogues de films, afin de renforcer littérairement ce que
l’artiste cherche à dire visuellement.

Le médium photographique est à la base du travail de Julia Kater. Mais l’artiste voit aussi ses
photos comme des dessins, des peintures. Utilisant la pointe sèche et la technique du
découpage Julia Kater suggère que dans les lignes qu’elle crée se profilent les lignes mêmes
d’un dessin.

La technique particulière de Julia Kater, de travailler à partir de photographies non utilisées
puis découpées lui est venue après l’un de ses voyages en tant que photojournaliste en
Afrique. Dans notre ère du “tout-contrôle”, la démarche de Julia Kater laisse libre cours à
l’intuition, au hasard. Devient oeuvre d’art ce qui ne devait pas initialement en être : les rebus
de la photographie découpés, décontextualisés, et enfin manipulés par l’artiste.

Dans la série Ao Mesmo Tempo, Julia Kater présente des images de scènes urbaines, d’où,
semblerait-il, des personnes, de passage, semblent transiter d’un lieu à l’autre. L’architecture
environnante est anonyme, clinique, et se compose d’une façade blanche qui renvoie à l’infini.
Dans cette série, des lignes se profilent au-dessus des personnages. Des personnages sur un
parapet, observant et semblant en mouvement. Attendant qui? Quoi?

Des personnes qui marchent seules, et au-dessus des couches qui tombent, formant des
reliefs. Ces formes sont-elles des montagnes ou des abîmes? L’ambivalence présente dans
l’image en offre deux lectures, contradictoires.

La dichotomie présente dans ces scénarios sert de point pour créer des relations symboliques
entre l’homme et l’environnement qu’il a créé.

Le travail de Julia Kater montre également une obsession pour le ciel, un ciel envahissant,
omniprésent, qui devient presque inquiétant. Julia Kate est fascinée par le caractère
impermanent et transitoire de cet élément, et par notre incapacité à le fixer. Julia Kater
photographie des images qui habitent sa mémoire, où le temps semble en suspend. Ces
espaces deviennent des scènes sans indication spatio-temporelle. Comme un clin d’oeil à Sao
Paulo, la ville où elle habite, et où le ciel, entre pollution et gratte-ciels devient invisible, Julia
s’est mis en quête de le fixer, de le figer dans ses travaux.
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